ITW : JOACHIM SPIETH [AFFIN]

Rencontre avec Joachim Spieth, dj et producteur allemand, il est également le fondateur du label Affin. Un label qui n’a cessé de se développer ces dernières années, comptant des releases de nombreux artistes internationaux, tels que Claudio PRC, Arnaud Le Texier ou encore Acronym. 

Où vis-tu en ce moment ? Peux-tu raconter brièvement ton premier contact avec la musique électronique ?

Je vis en Allemagne. J’ai découvert la musique électronique par des amis. Ils m’ont fait écouter des morceaux issus de Warp Records, Basic Channel, etc. J’ai très rapidement pris goût à cette musique.

Comment t’es-tu lancé dans la production ?

Je faisais de la musique avec des amis avant-même d’écouter de l’électro. Ensuite, j’ai commencé à acheter du matos, comme un sampler et une table de mixage. J’ai surtout appris en lisant des magazines et des manuels… ça m’a pris quelques années avant d’être au point.

Pour nos lecteur qui ne te connaissent pas encore ou qui ne connaissent pas ton label Affin, comment décrirais-tu ta musique et l’univers musical de ton label ?

Ma musique a évolué avec le temps. Je pense que c’est un processus naturel quand on veut avancer dans la vie et dans la musique. La seule chose à faire est de changer, essayer de nouvelles choses, s’améliorer… 

J’ai redécouvert il y a quelques années mon amour pour l’ambient et ses paysages sonores, ainsi que pour l’intemporelle musique électronique. J’en ai alors développé ma propre interprétation. Certains l’appelle techno hypnotique… peu importe, le son a toujours été le plus important pour moi.

Le label a également évolué au fil des années. Il est comme un miroir qui reflète mes goûts personnels et ma musique. Il inclut aussi d’autres influences… C’est ce qui est intéressant quand tu gères ton propre label… des échanges d’idées qui débouchent sur de nouvelles choses.

Tu es dans le milieu de la musique électronique depuis presque vingt ans et tu as fondé ton label en 2008. Que penses-tu de l’évolution de ce milieu ?

Pour moi, ça allait de soit de fonder moi-même quelque chose après avoir accumulé de l’expérience au sein de labels comme Kompakt, Traum ou, par la suite, Paso Music. J’aime l’idée d’être indépendant. Comment cette scène musicale a changé ? C’est une question très difficile, peut-être un peu trop pour donner une réponse cohérente ici.

Qu’en est-il de ton univers musical, a-t-il beaucoup évolué avec le temps ?

Mes influences principales sont les mêmes depuis le début. On développe son style sur le long terme, ça se passe comme ça. J’aime combiner des couches sonores avec la techno. Il m’arrivait de le faire auparavant, j’ai redécouvert cela il y a quelques années. Je pense qu’aujourd’hui mon univers est plus défini.

Quelle est ta routine au studio quand tu produis ? Comment trouves-tu ton inspiration ?

Je jam souvent avec différents éléments et j’explore, tout simplement… Je n’ai pas de morceaux en tête à l’avance, comme c’est le cas pour certains. Moi, j’expérimente pour trouver quelque chose d’intéressant. C’est cela ma « routine » : attendre l’inattendu. Ça rend les choses intéressantes.

Quand tu produis, tu préfères utiliser des hardwares, des softwares ou une combinaison des deux ?

Je travaille principalement sur Ableton Live mais j’utilise aussi des hardwares. Mon instrument principal reste Ableton Live, vu toutes les possibilités qu’il offre. Avec ce software, j’ai changé ma façon de travailler. Avant, j’étais beaucoup plus linéaire avec les arrangements, tandis que maintenant, je peux jamer davantage et enregistrer plusieurs pistes sonores… et ensuite voir où tout cela mène.

Quels instruments et outils utilises-tu  pour faire ta musique ? Quels sont tes outils préférés pour produire ?

Comme répondu à la question précédente, pour moi Ableton Live est l’outil parfait pour travailler sur ma musique. J’utilise aussi Kontakt de Native Instruments depuis des années. Je travaille principalement avec des samples. Bien entendu, pas des samples de CD ou des trucs comme ça. Je construis mes propres sons en superposant les éléments et ensuite je re-sample beaucoup pour avoir les fréquences que je veux mettre en avant.

En tant que directeur artistique du label, tu dois recevoir beaucoup de démos. Comment décides-tu si oui ou non tu signes un artiste ou une track ?

Honnêtement, je ne prends plus de démos depuis longtemps. En général, je prends éventuellement l’ami d’un artiste ou d’une connaissance. Néanmoins, depuis quelques années, je préfère maintenir un cercle restreint. Accueillir trop d’artistes ne m’intéresse pas, ça n’a pas de sens pour moi. Beaucoup de démos ne correspondent pas du tout au label. Je préfère le contact avec la personne derrière le morceau et garder les choses plus personnelles, authentiques.

À ton avis, quels sont les artistes émergeants qu’il faut garder à l’œil ?

C’est une bonne question.

Quel conseil donnerais-tu aux futurs producteurs et dj’s ?

Définissez ce que vous défendez et foncez.

Tu as sorti un nouvel EP « Astral Plan » sur ton label Affin, peux-tu nous en dire plus ?

Oui, c’est juste. Il est sorti en avril et contient trois morceaux, des trucs atmosphériques et des sons ambients. L’idée du morceau « Astral Plane » était de créer une atmosphère avec des structures rythmiques d’enregistrement de terrain qui correspondait avec des paysages musicaux aux mélodies émouvantes. Ce n’est pas un morceau ambient classique mais je pense que le résultat est intéressant, c’ quelque chose que je n’avais jamais essayé.

Quels sont tes plans pour le printemps et l’été ? Des sorties ou des projets excitants que tu voudrais mentionner ?

Une réédition de mon album « Irradiance » vient de sortir et nous venons d’avoir pour la première fois la collaboration entre Reggy Van Oers et moi pour un morceau de douze minutes intitulé « Noctilucent ».

Je suis très content de celui-ci car ça fait dix ans que nous nous connaissons et n’avions encore jamais essayé de travailler ensemble. En juin, je serai en tournée en Asie, j’ai vraiment hâte.

French translation (from English) by Raphaël Rozenberg
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