ITW : MILENA GLOWACKA [SEMENTICA]

Nous avons rencontré Milena Glowacka lors de son passage en Belgique, à l’occasion de la soirée Obsidian, la nouvelle coproduction entre Initiate et Norite. Confortablement installés dans le studio de Brice, co-fondateur d’Initiate, nous avons échangé quelques mots avec la jeune artiste polonaise, vivant désormais du côté de Reykjavik.

Merci de nous accorder de ton temps pour cette interview. Quand as-tu commencé tes projets musicaux ? Faisais-tu déjà de la musique avant ton projet actuel ?

J’ai commencé à faire de la musique quand j’avais 13 ans avec un software très basique puis j’ai commencé à faire des dj sets. Quand j’ai eu 21 ans, j’ai ressenti le besoin de produire plus et j’ai alors commencé à faire de la musique avec Ableton. Je produis de manière professionnelle depuis 7 ans maintenant.

As-tu eu le soutien de ta famille ou de tes amis quand tu as débuté dans la musique électronique en Pologne ?

C’était assez difficile d’avoir le support de ma famille parce qu’ils sont plus dans un mode de vie traditionnel. Ils avaient leur vision de ce qu’est un travail et ma vision personnelle du travail n’était pas vraiment courante. Après quelques temps, ils ont compris que la musique me rendait heureuse et se sont mis à me supporter. Maintenant, ils sont fiers de moi. Quant à mes amis, ils m’ont supportée dès le tout début !

Maintenant, tu vis à Reykjavik, en Islande. Comment cette ville t’a t’elle influencée, tant personnellement que dans ta musique ?

Les paysages sont vraiment beaux et peuvent vous inspirer. Mais je suis plus inspirée par le monde qui m’entoure et par les personnes qui sont proches de moi. Le calme de l’Islande me donne plus de temps pour produire et me concentrer sur la musique, mais ma créativité provient de quelque chose de différent de la nature.

Ton univers musical voyage entre l’ambient et la techno, avec des influences sombres, parfois froides et expérimentales. Il y a un aspect très hypnotique dans ta musique. Qu’est-ce qui t’a mené vers cette univers ?

C’est difficile à dire car je préfère me concentrer davantage sur les sonorités lucides et des pads légers. Quand j’étais plus jeune, j’écoutais beaucoup de rap et de hip-hop, mais aussi de la trance et de la techno. Maintenant, je suis à nouveau inspirée par la musique trance. J’écoute différents artistes et types de musique, mes influences viennent donc d’un mélange d’artistes et de musiques différentes.

Tu es donc dj, productrice, et tu fais du live. As-tu autant de plaisir dans les trois domaines ou as-tu une préférence ?

Je ne suis plus dj, je préfère clairement faire des performances live maintenant. Je ne suis pas sur de remixer un jour comme dj car c’est une manière différente de partager l’énergie avec le public. Quand je produis, c’est comme si j’éteignais mon esprit et que j’allais au plus profond des sons. C’est une sorte de médiation et j’aime beaucoup ce processus.

Tu as joué récemment au Zodiak à Bruxelles, pour la soirée Obsidian, c’était ton premier live en Belgique. Comment ça s’est passé ?

C’était grandiose ! Je m’attendais à un bon moment, à de bonnes choses et c’est tout à fait ça que j’ai vécu. Le public a réagi de manière très active à ma musique et j’ai partagé une bonne énergie avec lui. Le club aussi était cool, tant pour ce qui est de l’espace que des lumières. Alors oui, j’ai passé un très bon moment lors de cette soirée !

En parlant de live et de gigs, peux-tu nous décrire une « journée type » quand tu as une date quelque part ? Comment prépares-tu ton live, quelles étapes suis-tu habituellement ?

D’habitude, quand j’ai du temps libre, je travail sur l’enregistrement de sons. Je joue beaucoup avec des field recordings, j’enregistre donc les sons autour de moi, comme ceux provenant de la nature ou même de ma maison. J’utilise également des sons provenant de synthétiseurs mais je n’utilise pas de synthétiseurs en live. J’enregistre donc beaucoup de sons que j’incorpore ensuite dans Ableton afin de préparer mes lives.

J’ai vu que tu as joué pour la « Female:Pressure Club Night » au Trésor, à Berlin. C’est un réseau international d’artistes féminines, d’artistes transgenres et non- binaires dans le domaine de la musique électronique et des arts digitaux. Es-tu active dans d’autres réseaux ou collectifs qui font la promotion et/ou qui réunissent les femmes dans la scène électronique ?

Non, c’était juste une soirée, je ne suis connectée à aucune de ces organisations.

Je suis un loup solitaire.

Aujourd’hui, la plupart des line-ups des évènements liés à la scène électronique sont à 80% masculins. Certaines solutions existent pour lutter contre les inégalités des genres dans le domaine de la musique. Par exemple, les quotas que certains producteurs, labels programmateurs ou magazines essayent d’imposer. Quel est ton opinion à ce sujet ?

Je pense que je ne suis pas trop concernée par les genres, je préfère me soucier de la musique. Cela n’a pas d’importance si la musique est jouée par un homme ou une femme. Je pense que nous devons surtout nous soucier de la qualité, de la bonne musique et moins s’occuper des genres.

Quels sont tes projets pour l’été ? Et as-tu d’autres projets dans lesquels tu es impliquée ?

Je vais jouer au Sonar Festival et je prépare la musique pour le film d’un réalisateur Allemand qui sortira après l’été !

 

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