Kai Alcé au Listen! Festival

Vers 2h du matin, au Square Brussels Meeting Center, le vétéran Dj de House se trouvait en bas des marches près de l’entrée, cigarette à la main, avant de faire la fermeture du Listen! Fesitval dans la troisième salle. Né à New York, il a ensuite déménagé à Détroit. Aujourd’hui, il vit à Atlanta où il dirige son label N.D.ATL Muzik (abréviation de NY, Détroit et Atlanta).

Kai Alcé a déménagé à Détroit quand la musique était en pleine (r)évolution. Il est donc devenu producteur et Dj dans le cœur de la house et de la techno… Pour finalement faire part de leur histoire.

« J’ai appris à mixer il y a longtemps … Mais j’ai commencé à en faire ma profession vers mes 22 ans … Donc, il y a 25 ans. »

Il a créé son label N.D.ATL Muzik au printemps 2008. Celui-ci est à l’image des trois villes qui ont le plus influencé sa musique. On y retrouve des tracks de Palm Trax, DJ Deep, Omar S, Theo Parrish et bien d’autres encore.

Soulfulhouse, Deephouse, Nu-Disco, Classical House combinée avec des vocals puissants … Ses mixes font danser et sourire les gens depuis un bon moment. Et c’est sûr, il ne va compte pas arrêter de répandre la dance culture sous peu !

J’en ai donc profité pour lui poser quelques questions …

Trouves-tu que la scène électronique a beaucoup changé en 20 ans à Détroit ?

Oui, absolument. Aujourd’hui, la scène n’est pas aussi grande mais est différente. Et pas seulement à Détroit, mais partout ! Les choses ont beaucoup changé … Peut-être aussi parce que j’ai vieilli. Mais j’aime toujours l’énergie qui s’y trouve, et en faire partie. Maintenant, j’adhère toujours à la fête mais en faisait du son.

… Et concernant le public?

Il change continuellement ! Tous les 7 ans, il y a un nouveau crew, de nouvelles personnes … Mais le public reste âgé entre 25 et 35 ans. Avant ou après ces âges, tu ne sors probablement pas autant. En tous cas, je suis content que le monde aime encore la musique que je joue !

Comment penses-tu que le public va évoluer ?

Parfois il devient plus petit, puis il s’agrandit …

Mais ce que j’ai principalement appris à propos de la dance music, c’est que le public va toujours changer un peu mais en restant fidèle à l’essence, aux origines.

Il peut devenir un peu commercial par moment, ou plus undergound … Mais l’essence va toujours rester.

Et qu’en est-il de la différence entre l’Europe et les Etats-Unis ?

Sans aucun doute, il y a une énorme différence entre les deux. C’est ma deuxième fois à Bruxelles, et je pense que les belges ont une énergie similaire à celle qu’on retrouve en Allemagne. L’Italie, elle, a plus un style « soulful » et apprécie davantage le style américain.

Il se passe quoi à Détroit en ce moment ?

Il y a de gros festivals, comme le Movement en mai …  et beaucoup de clubs.

Et il y a aussi une nouvelle génération. Celle juste avant n’était pas tellement intéressée par la dance music … Et les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus tellement intéressés par la musique commerciale. La dance music est une musique universelle, même si certains la préfèrent parfois plus « hard » à Détroit.

Est-ce que tu penses que la technologie influence la musique dans un bon sens ?

De nos jours, c’est plus simple : la musique est plus accessible qu’avant. Quand j’étais jeune, si tu ne savais pas où les clubs étaient, alors tu ne pouvais pas écouter ce genre de musique. Ca ne passait pas à la radio ! Aujourd’hui, tu peux être à la maison et chercher online la musique que tu aimes.

Penses-tu que la radio soit toujours un bon moyen de nos jours pour rendre des artistes connus ?

Oui, absolument ! La radio joue toujours une part importante dans le processus commercial. Tu deviens commercial via internet et, éventuellement, tu te fais découvrir par la radio. Par exemple, « The Weeknd » était d’abord uniquement sur Soundcloud et YouTube … Aujourd’hui, ils sont sur un label majeur !

Le commercial aura toujours besoin de l’underground, et vice-versa – si l’underground le veut et ce n’est pas toujours le cas. Tu ne deviendras jamais grand si tu ne fais que de l’underground … Mais il faut toujours rester fidèle à soi-même. 

Des plans pour le futur ?

Je vais continuer ce que je fais, tout simplement ! Je n’avais jamais imaginé être ici à Bruxelles pour ce festival. Quand j’avais commencé à être DJ, la question était plus de comment survivre … Je ne pensais pas qu’il était possible d’en vivre. Mais aujourd’hui je le fais, et ce depuis un moment … Et j’adore ça !

Un bon conseil pour les DJs et producteurs qui aimeraient se faire connaître ?

Hm, c’est différent de nos jours. Je vois des DJs qui deviennent populaires sans avoir produit de son. Mais je pense que la chose primordiale est d’essayer d’avoir quelques sons à soi, toujours faire de son mieux en tant que DJ et jouer la musique que l’on aime.

Quelle que soit la ville dans laquelle vous vivez, faites toujours en sorte de la représenter au mieux !

Certaines personnes deviennent très très très populaires mais quand elles reviennent chez elles, personnes ne les écoutent. Je pense qu’il faut toujours être capable de rentrer chez soit et être capable de jouer la musique qui nous plait … Et que le monde l’écoute.

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Kai Alce travaille aussi avec FCL, le projet House des DJ/producteurs belges San Soda et Red D … qui font partie des plus grands producteurs belges selon lui.

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