ITW : OXIA

Connu de tous pour sa track au succès planétaire « Domino », Oxia est venu se produire à Bruxelles pour la soirée Hedonism dans le jeune club Bruxellois, le Zodiak.

Il nous a gentiment accordé une interview avant de faire vibrer les enceintes du club. Comme si l’ambiance du Zodiak avait traversé Oxia, il a su quoi nous jouer. Bien plus techno qu’à son habitude, il a réellement ressenti le public. Un set tellement techno qu’on se demandait quand allait-il pouvoir placer son morceau si connu « Domino » qui est bien plus mélodique. Mais il l’a malicieusement placé sous les sifflements de la foule.

Prévu pour jouer pendant 2 heures, l’heure d’hiver tombant cette nuit-là, il a surpris tout le monde à jouer pendant finalement 3 heures consécutives, pour notre plus grand plaisir.

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Dans les backstages

Salut Oxia, comment tu vas ? 

Ça va et toi ?

Oui ça va, ça va ! Déjà, bienvenue en Belgique ! Tu es content d’être là ? As-tu souvent joué en Belgique ? 

Ecoute, j’ai beaucoup joué en Belgique, et je continue d’y passer régulièrement, c’est cool à chaque fois. J’ai joué plusieurs fois notamment à Anvers ; mon agent doit mieux savoir que moi, demande-lui ! C’est difficile de se rappeler de toutes les soirées…

Et par rapport au public belge, tu le trouves comment ? 

Marrant. (rire)

Ecoute, c’est un bon public, il y a une bonne culture ! La techno et les Belges, c’est une longue histoire!

Pour rester dans le domaine musical, chez toi, tu écoutes quoi ? 

J’écoute beaucoup de choses. Là, dernièrement j’ai pas eu trop le temps mais en général, ça peut aller de la pop au jazz, de la funk, ou des choses plus electronica. Je fais d’ailleurs une série de podcasts « Home Selection », qu’on peut écouter sur mon SoundCloud ou mon MixCloud. Il s’agit de playlists sélectionnées de trucs que j’écoute chez moi, des trucs très softs. C’est pas forcément électronique, ou du moins, pas du tout dancefloor.

C’est de là que tu tires tes inspirations ? 

Ça vient entres autres de là mais ça vient de plein de choses, pas seulement en musique électronique dancefloor. Mais effectivement, tout ce que j’écoute ou que j’ai écouté par le passé m’influence forcément même si c’est sûrement inconscient.

Actuellement avec le flux incessant de nouvelles releases, nouveaux artistes, etc… j’imagine que tu reçois pas mal de démos, est-ce que tu as « des critères » qui attirent ton oreille dans les jeunes talents ? 

Franchement, c’est vraiment au feeling, si y a un track que j’aime, c’est pas à chaque fois la même recette. C’est comme ce que je fais et ce que je joue dans mes sets, j’aime ce qui est différent. Par exemple, je pourrais jouer très rythmique pendant 3 quarts d’heures puis d’un coup, je vais lancer un truc mélodique, donc ce que j’écoute, ce que j’aime, c’est pareil ! J’accroche ou j’accroche pas quoi.

Du coup, y a des artistes émergents qui ont attiré ton attention dernièrement ? 

Alors j’ai un sacré problème de mémoire avec les noms (rires) .. Vu mon âge avancé (double rire). Comme ça, je saurais te dire ce qu’on va sortir sur Diversions Music, notre label avec Nicolas Masseyeff. Ce sont de jeunes artistes encore pas très connus mais qui on déjà fait pas mal de trucs. Donc là, on va signer un artiste espagnol, Miguel Lobo, pour lequel j’ai fait un remix. Après y a aussi Lewis Gimenez. Voila c’est des artistes que je suis un petit peu mais à côté de ça, j’aime pas forcement tout d’un artiste.  Parfois je peux aimer un track ou deux, et ne pas aimer ce qu’ils font après. Difficile de citer des noms.

Reconcentrons nous sur toi ! Voila 20 ans que t’es dans le monde de la musique c’est bien ça? 

Ouaiiiiis, j’ai commencé, j’avais 4 ans en fait (rires).

Ne mens pas s’il te plait (rires) ! Du coup, t’as dû vivre pas mal de trucs que t’imaginais pas quand t’as commencé tout ça. 

Effectivement, je n’imaginais pas du tout l’ampleur que ça a pris.

C’est un rêve quoi ! Et donc on se demande, même avec le chemin que tu as déjà accompli, tu as encore des rêves que tu aimerais réaliser, des collab’ ou alors des festivals dans lesquels tu n’as jamais joué ? 

Des collaborations, ça serait difficile de t’en citer parce que y en a pleins et certaines impossibles comme par exemple travailler avec Radiohead, même si ca me semble impossible.

Après dans ce qui est réalisable, de nouveau, y’a beaucoup de personnes avec qui j’aimerais travailler comme le chanteur Ry X, qui fait un projet avec un des 2 artistes de Âme. Je suis vraiment fan de ce chanteur et à la limite, j’ai plus envie de faire des collaborations dans ce genre là, avec des chanteurs. Après y a des gens comme Guti qui est un vrai musicien, avec un projet un peu jazz, que j’avais d’ailleurs vu au Sonar et c’était vraiment super bien.

Des artistes, je pourrais sans soucis t’en citer plusieurs.

Et donc niveau festivals ? 

On en parlait avec mon agent, tout à l’heure, et par exemple Time Warp c’est clair que j’aimerais bien le faire. T’en as d’autres comme Exit en Serbie et Dour, chez vous en Belgique, qui est un festival assez large et ouvert, ce que j’apprécie. D’ailleurs, Dour m’avait déjà contacté pour faire éventuellement un B2B avec Miss Kittin ou Agoria mais finalement, ça s’est pas fait cette année.

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Tu ressens le besoin de te déconnecter du monde de la nuit aussi j’imagine ? 

Ça peut arriver mais j’y arrive pas tant que ça. Si tu veux tout savoir, j’ai pas pris de vraies vacances depuis une dizaine d’années. Dès que je vais quelque part pour jouer, j’essaye d’en profiter en parallèle mais ce ne sont pas de vraies vacances. Genre quand je vais à Ibiza, on fait la fête, je vois les gens, des potes que je vois pas spécialement le reste de l’année mais je ne déconnecte pas tant que ça. Mais ça me perturbe pas plus que ça !

Passons à un peu de questions techniques ! Est-ce que à la base, tu as une formation théorie musicale ou si tu joues d’un instrument ? 

Je n’ai pas eu de vraie formation. J’ai pris des cours de piano – dont je joue très mal – à une époque, y a une vingtaine d’années, je pense et je me débrouillais pas mal mais en pratique, je suis assez autodidacte.

Coté technique, on apprend sur le tas, on s’aide entre potes. Sur Grenoble, au début avec The Hacker et Kiko, et maintenant avec Nicolas Masseyeff qui habite dans le Sud, avec qui je bosse sur le label que nous avons co-fondé, Diversions Music.

Comment ça se passe pour toi la création d’un morceau ? 

Bah je me met nu, en fait ! (rires) Les idées arrivent plus vite.

Non, non, généralement, j’ai pas trop de règles parce que des fois, je vais commencer par la rythmique, placer des sons et des mélodies, puis décider que la rythmique ne correspond plus et la rechanger. Ou parfois je fais l’inverse.

On a lu quelque part que tu te trouves toi-même lent à la production …

Mais je dois ma lenteur à mon indécision. Je vais faire 10 lignes de basses, par exemple, puis je vais préférer celle-ci ou celle-là. Donc voila, je suis indécis et forcément, ça me prend plus de temps.

Tu travailles sur quel logiciel ? 

Ah ça je peux pas le dire (rires). Allez si, je bosse sur Logic Audio.

Tu as déjà pensé à faire des Live ? 

Alors oui, Oxia, à la base, c’était un live, on était 2, Stéphane Deschezeaux et moi, on était déjà DJ mais ensemble, on a commencé par faire un live. C’était au tout début donc en 1994, ça a duré quelques années puis on s’est séparés en 1999 ou en 2000, j’ai gardé le nom. Mais seul, j’ai préféré arrêter le live et j’ai continué en DJ. Pour mon dernier album en 2012, tout le monde m’a poussé à faire un live pour cette occasion là. J’avais d’ailleurs joué ce live en Belgique, au festival à Liège, les Transardentes. Mais c’est énormément de travail un live. Je m’amusais mais pas autant qu’en DJing parce que ça demandait trop de concentration vu que je voulais quand même faire un live où je pouvais faire de l’improvisation, donc je devais me rappeler de tout, des effets, etc et du coup, ça te vide, t’es exténué.

Alors, éternelle question : VST ou hardware ?

Bah écoute les deux, y a des morceaux que je vais faire que avec des plug et des synthé virtuels puis de temps en temps j’utilise encore du hardware et quelques synthés externes.

Un synthé qui te caractérise ? Dont jamais tu ne saurais te séparer ? 

Le Virus. La base de mon track « Domino » est faite avec ça d’ailleurs.

Le secret du succès ! Du coup, on va encore une fois te bassiner avec Domino.

Ok, je m’en vais (rires)

Comment vis-tu le succès planétaire de ce morceau ? 

Comment je le vis ? Bah plutôt bien, c’est quand même assez cool d’avoir fait un morceau comme ça dans une carrière. Même si maintenant, je suis un peu fatigué de l’écouter. Maintenant, y a eu des remix qui sont sortis cette année, ça m’a un peu soulagé.

Mais évidemment, ça fait plaisir quand des gens de 25 ans viennent me voir en disant « j’ai commencé à écouter de la techno avec ce morceau ». Forcément, ça fait plaisir. Heureusement, y a aussi d’autres tracks dont les gens me parlent.

Mais à cause de Domino, tu n’as pas peur que cette track-là fasse de l’ombre aux autres ? 

Bah c’est trop tard (rires) !

Quand t’as un track aussi populaire, ça peut faire de l’ombre aux autres mais après si les gens sont curieux, ils vont aller écouter d’autres sons.

Domino, c’était il y a 10 ans, comment définirais-tu ton univers musical actuel ? 

C’est toujours un peu compliqué car je fais des choses un peu différentes !
Aussi bien des sons comme Domino que des trucs que j’ai fait plus tard comme le dernier EP sur notre label, y a un an, avec le morceau qui s’intitule « Secret » qui est assez mélodique. A coté de ça, sur la même EP, il y a 2 morceaux plus techno, tech-house, plus rythmiques. J’aime bien faire des choses différentes en fait. Il y a toujours une base commune à chaque morceau, souvent dans la rythmique assez groove puis après je pars dans des trucs différents comme des détails mélodiques ou alors beaucoup plus tech-house, c’est donc assez difficile de décrire mon univers musical, en fait.

Le monde de la nuit est connu pour être rempli d’alcool, de drogue ou autres fantaisie … 

Moi nooooon (dit-il en déposant sa bière).

Allez, c’est qu’une bière.

Comment est-ce que, toi, tu gères ce monde de tentations ? 

Chacun a son tempérament, je gère ; je fais attention et je pense ne pas me faire trop influencer. Ça m’est déjà arrivé de craquer pour quelques verres de trop mais je ne suis jamais dans l’excès.

Je l’ai fait dans ma jeunesse mais ça m’intéresse plus. Quand je pars avec mes potes à Ibiza, on fait un peu plus la fête mais je gère vraiment bien cet aspect-là.

Du coup Ibiza, c’est toujours THE place to be quand on est DJ ? 

Malgré les changements qu’il y a eu les dernières années avec l’arrivée de VIP, les gens sont quand même prioritairement intéressés par la musique. Ça reste un endroit où tu peux être écouté par des gens du monde entier et je prends beaucoup de plaisir à y aller.

Interview by Fanny Seligmann & Cédric Dhooghe
Pictures by Pascale Cholette, Cédric Dhooghe & Input HFDC
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