ITW : MODDULLAR [CLERGY, INNSIGNN]

A l’occasion de leur nouvel EP sorti sur Clergy, le label de Cleric, nous avons eu la chance d’échanger quelques mots avec Moddullar, un duo d’artistes portugais émergeant sur la scène techno internationale. 

D’où êtes vous originaires et pouvez-vous brièvement nous expliquer votre premier contact avec la musique électronique ?
Avant tout, nous voudrions remercier InDepth de nous avoir invité à enregistrer ce podcast et faire cette interview. Nous sommes originaire de Barcelos, une petite ville du nord du Portugal. Nous vivons tout les deux dans la même villes et nous nous connaissons depuis notre jeunesse, nous allions à la même école. Notre passion pour la musique électronique a évoluée graduellement. Durant notre adolescence, nous avons commencé à écouter un petit peu de tout, de la techno, deep-house, tech-house, minimal, etc…

Au fil du temps, nous avons assisté à différents évènements et soirées, nos goûts ont évolués et devinrent plus raffinés. Nous sommes devenus de plus en plus exigeants dans nos choix musicaux, jusqu’au point où nous en sommes aujourd’hui.


Selon nous, l’ensemble de vos releases sont au point, tant techniquement que musicalement parlant. L’une de vos dernières sorties sur « Newrhythmic » en est encore la preuve. Où trouvez-vous l’inspiration pour créer votre musique ?
Notre inspiration est souvent influencée par notre mood. L’inspiration est quelque chose que nous ne pouvons pas expliquer, c’est simplement quelque chose qui se passe. Nous ne savons pas dire où nous puisons la nôtre, mais si nous le savions, nous exploiterions cela tout les jours. Parfois, nous pouvons être inspirés par la musique d’un autre artiste, ou même par nos propres sons. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque nous sommes de bonne humeur et motivés. Nous pensons que ces deux facteurs sont les plus décisifs pour expliquer l’origine de notre inspiration. C’est sans aucun doute quelque chose de très difficile à expliquer…

Lorsque vous commencez à travailler sur un nouveau track, quelle est la première chose que vous faites ? Et comment savez-vous lorsque le track est terminé ?
Lorsque nous commençons un nouveau track, la première chose sur laquelle nous nous concentrons est le Kick. Ensuite, nous essayons de trouver le groove en ajoutant la ligne de basse, les percussions et l’ambient jusqu’à ce que nous ayons la base idéale et que nous puissions travailler sur le reste du morceau. Une fois que nous avons une base bien structurée, dans le bon univers musical, nous passons au synthétiseur, au hi-hats, au shakers…

Il arrive parfois que nous devions revenir à la base et l’ajuster afin que tous les éléments fonctionnent bien ensemble, cela dans le but de créer une harmonie parfaite à la fin.

Nous faisons tout cela jusqu’à ce que le morceau nous convienne et sonne bien, chaque jour où nous allons au studio et que nous l’écoutons. C’est pour cette raison que nous passons 2 à 3 semaines sur un track. Pour être sûr qu’il sonne vraiment bien, à chaque écoute et pas seulement ce jour-là…

Être producteur n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Quelle est la chose la plus difficile pour vous dans votre processus de création?
Dans le processus de création, le plus difficile est, sans aucun doute, de pouvoir créer quelque chose d’original et dans notre propre registre, sans dériver du style que nous aimons et voulons produire. Lorsqu’on arrive à un aspects plus techniques, il est parfois difficile de lier sonorité, qualité et identité, le tout, dans un même track.

Au delà de l’aspect créatif, il y aussi l’aspect technique, quand vous produisez, préférez-vous utiliser du matériel hardware, des logiciels ou une combinaison des deux?
Nous utilisons des logiciels environ 70% du temps car, lorsque nous avons commencé à produire, nous n’avions aucune possibilité financière d’acquérir du matériel hardware. Pour cette raison, nous nous sommes familiarisés avec les logiciels, mais depuis, nous avons aussi un synthétiseur analogique et une groovebox que nous utilisons parfois pour enregistrer des idées et créer nos propres samples.

Vous avez une identité sonore unique, quel est le cœur de la configuration de votre studio? Quels instruments et outils utilisez-vous pour composer votre musique?
Nous utilisons seulement quelques plugins, nous essayons de nous concentrer sur un ou deux et de vraiment les comprendre et les maîtriser comment bien les utiliser. Nos préférences vont vers les plugins de U-He et les effets sonores de Waves Audio. Nous utilisons également des effets internes d’Ableton Live qui nous permettent de modeler et de transformer un peu les synthétiseurs, tels que les amplis, les délais, les réverbérations, etc.

Planet Rhythm, ARTS, Dynamic Reflection, Faut Section sont quelques-uns des labels sur lequels vous avez signé. Qu’est-ce que les labels doivent avoir en particulier pour collaborer avec eux?
Lorsque nous recherchons un label, nous essayons de choisir celui qui correspond le mieux au registre du/des track(s) que nous voulons sortir. Nous optons donc pour celui qui, à notre avis, est la meilleure option pour sortir ce morceau ou cet EP.


Vous êtes également les fondateurs de votre propre label, Innsignn. Quelle est l’histoire de votre label et pourquoi l’avez-vous lancé ?
L’un des principaux objectifs de la création d’INNSIGNN était de pouvoir disposer entre nos mains de la liberté de sortir notre musique et de créer quelque chose d’intéressant dans notre propre style et nos propres perspectives. Au départ, l’idée était de publier uniquement notre propre musique, mais avec le temps, de très bons sons sont apparus et nous avons décidé d’étendre le label à d’autres artistes, en faisant de notre mieux pour que tous se sentent chez eux, tout comme nous.


En tant que directeurs artistiques de label, vous recevrez probablement beaucoup de démos. Qu’est-ce qui vous décide de signer ou non avec un artiste ou de signer un track en particulier ?
Nos critères pour sélectionner les nouvelles releases et pour décider ce qui correspond ou non à INNSIGNN sont assez exigeants. Tout d’abord, la musique doit s’inscrire dans l’identité musicale du label. Nous devons aussi ressentir ce que nous écoutons. On doit ressentir une âme !

Des aspects tels que la qualité et l’originalité du son sont également des aspects auxquels nous devons prêter attention avant de prendre toute décision.

Quel conseil donneriez-vous aux producteurs et dj’s en devenir ?
Même si notre carrière est encore courte, nous pouvons donner un conseil: faites confiance à vos sentiments et battez vous pour ce en quoi vous croyez. Faites de la musique sans obligation, ni pression. Les meilleurs résultats apparaissent lorsque nous créons avec un esprit ouvert et libre. La pression mentale est le pire ennemi de la créativité. Dans notre perspective, le travail acharné est nécessaire avant tout. Humilité et une dose supplémentaire de patience aussi. Tels sont les conseils et les principes que nous croyons être la clé du succès et que nous essayons de suivre afin de pouvoir atteindre nos objectifs et de nous sentir accomplis. Cultivez cela et vous récolterai le positif plus tard.

Quels sont vos prochaines actualités et projets des mois à venir dont vous aimeriez nous faire part ?
Nous préparons certainement des surprises en ce qui concerne les nouvelles releases. Nous espérons publier le premier format vinyle 12 ”d’INNSIGNN à la fin de l’année, qui comptera entre autre un remix de Lewis Fautzi. Nous pensons que les résultats sera incroyables, nous sommes à la fois anxieux et heureux. Nous avons également sorti le mois dernier un EP au format vinyle 12”, aux côtés de Temudo sur Clergy, le label de Cleric. Les gens peuvent déjà écouter les extraits sur Soundcloud. Nous espérons pouvoir aussi faire le premier showcase d’INNSIGNN avant le début de 2020. Stay tuned!

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