ITW : HAWKAN KEZIAH [INITIATE]

A l’occasion de la nouvelle saison d’Initiate, nous avons rencontré Hawkan Keziah, de son vrai nom, Renaud, co-fondateurs d’Initiate. Le collectif bruxellois a vu le jour en septembre 2015 et n’a cessé, depuis lors, de rythmer nos nuits et nos après-midi avec leurs évènements au Fuse, au C12 ou encore à la Vallée.

Pourquoi avoir choisi le nom « Initiate » ?

Il y avait au départ, Brice Deloose, Andri Haflidason, Rachid (Airem), Laura et moi-même. Lorsqu’on a mis nos idées en commun, le nom Initiate est celui qui avait le moins de succès auprès du groupe. On le trouvait un peu trop sectaire, trop «niche» et pas assez ouvert pour les gens qui connaissent moins l’univers musical dans lequel nous évoluons.

Finalement, j’ai fait un peu de forcing et après quelques semaines, tout le monde a compris «la vibe» et que Initiate ne signifie pas uniquement que c’est pour les initiés, mais que c’est aussi une source d’initiation. C’est donc un concept autant pour ceux qui s’y connaissent que pour ceux qui ne s’y connaissent pas.

Pour la première, il y avait pas mal de personnes qui n’étaient pas habituées au milieu techno mais finalement beaucoup de monde était agréablement surpris par cette vibe deep, différente de la techno industrielle. Le nom initiate s’est donc imposé avec le temps.

L’équipe est-elle toujours la même trois ans plus tard ?

Il y a toujours Brice, Andri, Rashid et moi-même, ça c’est le noyau de départ. Maintenant, il y a, Charlie et Dominic qui nous ont rejoint, après 2 ans. Le projet a grandi et à l’heure actuelle on est 7.

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Qu’est-ce qui vous a mené à travailler ensemble ?

Avec Brice, on s’est rencontré 4 mois avant le lancement d’Initiate et on a tout de suite accroché. En plus, Brice avait travaillé en tant qu’ingénieur du son au Fuse. Du fait qu’il n’y travaillait plus, il avait envie d’être une fois de l’autre côté de la scène en organisant plutôt qu’en étant ingé son. Il m’a proposé de l’assister dans la programmation et c’est comme ça que le projet est né.

En parlant de programmation, quel est votre ligne directrice ?

Pour la première soirée on a invité Abdullah Rashim et Acronym (Nothern Electronic). C’est un univers deep techno, mais on introduisait déjà quelque chose de différent, plus expérimental que ce qui se faisait à Bruxelles à ce moment là.

Après en invitant des artistes comme Polar Inertia, Dasha Rush ou encore Ness, qui sont plus club dans leur production que Abdullah Rashim ou Acronym par exemple, il y a eu des petites variantes. Mais on reste dans un univers deep techno même si je n’aime pas catégoriser les styles musicaux et les artistes car tous les artistes qu’on invite ont un côté très éclectique avec diverses influences allant de l’ambient à la techno.

Ce côté éclectique est très présent dans la programmation. Je pense qu’un artiste comme Polar Inertia ne ressemble absolument pas à Korridor, la technique de production n’est pas la même, le live est totalement différent… Mais oui, il y a une ligne directrice, mais je pense qu’elle vient du fait que Brice et moi on a une sélection et un bagage musical directement liés à notre historique et à ce qu’on joue nous-même dans les clubs.

Le Fuse était un choix évident pour toi ?

Le Fuse, j’y sors depuis mes 17 ans. Pour moi, participer à l’histoire d’un club qui est là depuis plus de 20 ans, c’est une fierté. Je pense que cela ne se refuse pas, c’était comme une évidence.

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Après, le public bruxellois s’est un peu lassé du Fuse, en tout cas, ma génération, car elle a commencé à sortir tôt au Fuse. Mais là, ils ont repris la barre en main et c’est un vrai plaisir de bosser avec eux. Que ce soit autant le staff ou les manageurs, ou encore les personnes qui s’occupent des artistes. C’est un bon partenaire, l’équipe est professionnelle et leur réseau est tentaculaire grâce à l’histoire de ce club.

Les soirées Initiate sont assez intimistes, elles y trouvent une place parfaite dans la Room II du Fuse, également nommée « Motion Room ». Mais avez-vous déjà pensé à organiser un évènement dans la Room I ?

C’était à l’ordre du jour il n’y a pas si longtemps. Finalement, cela ne s’est pas fait pour diverses raisons. Pour remplir la salle 1 du fuse dans notre style musical, c’est assez difficile. Je pense que la Room I, du fait de sa capacité et de son infrastructure correspond plus à un style musical énergique, peut-être plus industriel. Ceci dit, si on a une superbe possibilité avec un artiste qui est trop gros pour jouer dans la room 2, je ne vais pas dire non !

Mais j’aime bien le côté intimiste de la Motion Room et le fait qu’on se retrouve à 350, voire 400 personnes maximum dans cette salle. On voit ce côté «mini amphithéâtre», qui se prête très bien à l’aspect initiatique du concept. Il y a même une électricité, une énergie, qu’il est peut-être plus difficile à avoir dans la Room I.

Toujours autour du lieu, vous êtes passés par le C12, avez-vous encore d’autres idées de lieux, ou préférez-vous rester au Fuse ?

Du fait que le Fuse ait misé sur nous dès le départ, tant qu’on organise là, aller organiser autre part, un vendredi ou un samedi et aller concurrencer le Fuse, semble pour nous, mal venu et inopportun. C’est pour ça que notre collaboration avec le C12 s’est faite un jeudi, pour leur série d’évènements « jeudi gratuit ». Ils invitaient une série d’organisateurs bruxellois. Du coup, oui, avec le C12, je pense qu’il y aura encore d’autres collaborations dans le futur. c’est toujours à l’ordre du jour.

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Maintenant parallèlement, il y a « Initiate Reflexion » à la Vallée, lancé par Charlie et Dominic. C’est de la musique ambient, méditative, électro-acoustique. On vise un public différent mais pas tant que ça, car le public des soirées au Fuse est généralement intéressé aussi par d’autres choses et par des découvertes dans la musique électronique.

Quels sont pour toi les ingrédients clés d’une soirée Initiate réussie ?

On n’a jamais vraiment eu de ratés. Pour moi, le premier point sur lequel une soirée se passe bien, c’est la cohérence entre les artistes programmés. Les à-cotés jouent également un rôle important, comme se retrouver en terrasse avant l’évènement ou passer un moment au restaurant, ce qui permet d’arriver au club détendu. Evidemment, l’affluence durant la soirée entre en ligne de compte aussi et finalement, surtout l’ambiance…

Après, il y a aussi le côté financier qui permet de juger la viabilité et l’ampleur d’un évènement mais pour moi, c’est surtout l’accueil artiste et le fait de passer un bon moment. Que ce soit pour le public, les artistes ou les organisateurs. C’est ça qui m’importe vraiment et qui fait que je me sens bien le lendemain d’une de nos soirées.

Que penses-tu de la scène locale, bruxelloise ?

Etant membre du Brussels Electronic Marathon, j’ai tendance à dire que je crois qu’on a une vrai scène locale. Ce n’est pas pour rien que le marathon est né. Il y a de la ressource qui est malheureusement sous-exploitée par les organisateurs en Belgique.

Maintenant, je pense que des lieux comme le C12, créé par l’équipe de Deep In House, qui s’ouvre aux autres organisateurs comme par exemple pour les jeudis gratuits, ça va typiquement dans l’esprit du Marathon. Je leur ai confié après la soirée qu’on a organisé la bas, que j’étais touché d’un point de vue personnel, par le fait que des mecs qui ont décroché un lieu aussi inédit que le C12, en fasse profiter les autres organisateurs.

Sur Bruxelles, il y a donc un réel regain d’intérêt pour la scène locale depuis quelques années. Mais il y a encore beaucoup de boulot d’un point de vue politique. En Allemagne, les organisateurs sont généralement soutenus par la ville. A Bruxelles, il y a encore un côté très frileux de la part des politiques pour tout ce qui concerne la musique électronique.

Que retiendrais-tu en particulier dans l’histoire d’Initiate ?

Humainement, ça été de chouettes rencontres avec les artistes qu’on a invité. Rencontres qui ont parfois débouché sur certaines amitiés. Bref, il y a un vrai côté humain qui a été un plus pour moi. Initiate ce sont les premiers évènements que j’organise vraiment de A à Z et c’est pour ça que, par exemple, j’accorde une importance particulière à venir chercher les artistes moi-même à la gare et que je ne me contente pas d’envoyer un driver. L’aspect mémorable d’un évènement passe aussi par là.

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Sinon, toutes les soirées ont été d’une manière ou d’une autre assez mémorables et ce, pour diverses raisons. S’il faut en retenir une en particulier, ce serait celle où on a invité Cio d’Or et Kangding Ray en février 2016. C’était le 3ème évènement qu’on organisait et c’est en quelques sortes, l’évènement qui a marqué le coup. C’est à partir de là qu’on a eu un public qui a commencé à nous suivre.

Maintenant, il y a aussi les collaborations comme avec le Fuse, le C12, ou encore l’an passé où l’on avait collaboré avec Form and Function pour le BEM. C’est typiquement ce genre d’esprit, avec des échanges entre collectifs, artistes, et ce côté humain qui caractérise Initiate.

Du renouveau pour Bruxelles et de la qualité, c’est entre-autre ce qui caractérise Initiate, un collectif, un concept et une série d’évènements dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Initiate sera de retour le 17 novembre au Fuse. En attendant, ils seront au C12, aux côtés du collectif belge Deep in House, le 14 octobre pour une soirée du Brussels Electronic Marathon.

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