ITW : BLNDR [HYPNUS RECORDS]

Il y a quelques mois, nous avons rencontré BLNDR, lors de son passage à Bruxelles, pour la soirée Initiate au Fuse. Sur une terrace ensoleillée d’un petit café bruxellois, l’artiste parisien a répondu à nos questions et a partagé avec nous son expérience. De la scène parisienne aux clubs underground de Tokyo, le jeune artiste de 25 ans, signé, entre autre, sur Hypnus Records et Semantica, est clairement une belle révélation musicale dans un univers voyageant entre deep-techno et ambient.

Tu as une solide expérience en tant que producteur. Quand as-tu commencé à faire de la musique ?

Je fais de la musique électronique depuis très longtemps et avant d’en faire, je jouais de la guitare avec un groupe d’amis. Je crois que j’ai vraiment commencé la musique électronique vers mes 14 – 15 ans. Ceci dit, ça n’avait aucun rapport avec ce que je fais maintenant. Cela allait des instrus de rap à l’électro dans le genre de Ed Banger. J’ai eu vraiment mon premier flash sur la musique électronique avec Justice. C’est à ce moment-là que m’est venue la passion pour cette musique et que j’ai acheté mon premier synthé.

Des artistes t’ont-ils influencés pour arriver à ton univers actuel ?

Je dirais que dans un premier temps, c’est la scène électronique française qui m’a influencé, avec des labels comme Ed Banger, Institubes, Marble. Finalement, c’est la découverte du label Ostgut Ton qui m’a vraiment lancé sur la techno.

Dj et producteur, est-ce devenu ton activité à plein temps ?

Non. Je fais beaucoup de musique et ça me prend pas mal de temps, mais il faut payer un loyer. J’ai donc un petit boulot à côté, à Paris. Cela me permet de vivre correctement tout en me laissant assez de temps pour faire de la musique et tourner le week-end.

Comme tu disais, ton univers a beaucoup évolué. Comment décrirais-tu ton univers musical actuel ?

Je ne me suis jamais mis de frontière et je n’ai jamais vraiment aimé me définir dans un style particulier. Il est vrai que la plupart des sorties que j’ai faites sont dans un style plus orienté mais je n’ai pas envie d’être catégorisé dans un style dit « techno ».
Par exemple, mon premier album sur Hypnus, qui est sorti il y a déjà quelques mois, n’est que de l’ambient.

Chez moi je fais de la house aussi. Peut être qu’un jour, les gens l’entendront mais ce ne sera pas sous un autre allias. Ce sera toujours sous mon projet BLNBR. Je n’ai pas envie de me catégoriser dans un style en particulier. J’aime beaucoup trop de choses pour me restreindre.

Entre live et dj sets, quel est ta préférence ?

J’ai été vraiment très très live pendant plusieurs années. Au début, c’était vraiment un challenge. Quand j’ai commencé à comprendre comment cela fonctionnait et que j’ai vu que j’étais capable de produire pendant une heure quelque chose de cohérent, je n’ai plus voulu m’arrêter. L’objectif était d’avoir le live le plus cohérent possible.

Après avoir fait du live pendant quelques années, je pense que j’apprécie aussi quelque chose de plus léger, de plus improvisé comme on peut faire avec un dj set. Le live ne me laisse pas beaucoup d’improvisations car il doit être bien préparé à l’avance.

Tu as déjà pas mal voyagé pour te produire dans différentes villes et clubs. Certains lieux t’ont- ils marqués plus que d’autres ?

J’ai récemment joué deux fois à Tbilisi en Georgie, au club Khidi, c’est une ville qui m’a vraiment marqué, de même que le club. La ville est magnifique et l’accueil que j’ai eu là-bas était incroyable. Ils ont vraiment un grand sens de l’hospitalité, l’organisation est super et le club est installé dans un cadre vraiment épique. J’ai eu la chance d’y faire un live et un dj set, à chaque fois ça été une expérience magnifique. Mais toutes mes dates sont géniales en général, rares sont les moments où j’ai été mal accueilli.

La scène techno parisienne est en pleine activité. Les choses ont l’air de bien bouger en ce moment. Qu’en penses-tu ?

Je trouve que ce qui se passe à Paris en ce moment est assez incroyable. Il y a un vrai développement avec des nouveaux collectifs et des nouvelles soirées qui apparaissent tous les jours. Il y a aussi un relâchement des autorités qui permettent l’organisation d’un plus grand nombre d’évènements alternatifs, dans des banlieues et dans des lieux qui ne sont pas forcément des clubs.

Pour mentionner la scène techno à proprement parlé et les artistes parisiens, je dirais qu’on y trouve, en ce moment, les meilleurs producteurs français. Il y a une très belle scène avec des gens très créatifs. J’en suis ravi et j’en suis fier.

Tu es signé sur différents labels qui ont une renommée internationale. Est-ce toi qui fais la démarche d’aller vers eux ou est-ce plutôt l’inverse ?

Ca dépend. La plupart du temps, ça passe par un système de démo que j’envoie aux labels que j’apprécie. Certain labels m’attirent plus que d’autres. Ils ont un son qui me parle qui me donne envie de partager quelque chose avec eux. C’est plus dans cette perspective là que j’envoie des démos.

Après, il y a certains labels comme Hypnus avec lequel je travaille depuis des années. J’y ai sorti la plupart de mes disques et il n’y a jamais eu de système de démo. Je connaissais déjà Ntogn avant la création du label, par le biais d’internet. Dès qu’il a décidé de créer son label, il m’a directement proposé d’en faire partie. C’est alors que j’ai sorti mon premier disque, ça s’est fait naturellement.

Travailles-tu souvent avec d’autres artistes sur tes productions ?

Il m’est arrivé plusieurs fois de faire des collaborations et de produire des morceaux avec des amis. Cela n’a pas toujours marché. Parfois, je trouvait que ça ne valait pas la peine d’être sorti. La seule collaboration qui, à mon avis, a été vraiment fructueuse, c’est le disque que j’ai sorti avec Luigi Tozzi. Il a été extrêmement rapide et extrêmement efficace. Je n’ai eu aucune hésitation à sortir ce morceau.

Tu as sorti, il y a quelques mois, un premier album ambient sur Hypnus nommé « L’observatoire ». Quelle histoire se cache derrière le nom de cet album ?

L’observatoire, c’est un parc dans la ville où j’ai habité pendant quelques années, à Meudon, dans la banlieue parisienne. J’allais m’y balader et de ce fait, cet endroit m’évoque beaucoup de nostalgie. Quand j’ai produit cet album, j’avais déménagé et j’y repensais souvent. C’est l’endroit qui représentait toute cette mélancolie qui m’a permis de produire très rapidement les morceaux de l’album. S’il y avait un endroit pour décrire l’album, c’était vraiment celui-ci. C’est donc pour ça que j’ai choisi de l’appeler « L’observatoire ».

More Stories
ITW : MODDULLAR [CLERGY, INNSIGNN]