Dour 2018 : Les moments forts

Voilà plus d’une dizaine de jours que la 30ème édition du festival de Dour s’est achevée. Les pleines du festival se sont vidées et les festivaliers retrouvent leurs esprits peu à peu. La vie quotidienne a repris sa place, laissant dans le passé les doux souvenirs d’une édition toujours aussi éclectique mais également synonyme de changements.

Si l’on devait définir cette édition de Dour par des chiffres, nous pourrions parler des 228,200 festivaliers présents ou des 224 artistes sur scène cette année. Mais Dour ne se définit pas au travers de chiffres, Dour se définit par la musique. Cette musique qui a fait de ce petit festival local l’un des rendez-vous incontournables de la scène musicale européenne. Du rock au hip-hop en passant évidemment par la musique électronique, Dour est « le petit Poucet post-hippie devenu un mastodonte ouvert à tous les courants musicaux ».

Retour sur les moments forts…

Cette 30ème édition ne diffère pas des autres années, tout du moins, musicalement parlant. Les amoureux de musique auront été satisfaits du premier au dernier jour. La musique électronique quant à elle était toujours aussi présente, la techno a même gagné un petit peu de terrain. En effet, la scène Red Bull Elektropedia Balzaal était ouverte 5 jours, contre 4 les années précédentes, avec 3 jours entiers dédiés à la techno et ses différents sous-genres.

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De cette scène monumentale, nous en retiendrons une pléiade de grands noms issus de la scène internationale allant des sonorités mélodiques de Mind Against, Stephan Bodzin et Kollektiv Turmstrasse aux sonorités percutantes et agressives à souhait de Dax J, Pan Pot, Ben Klock ou encore Rodhad.

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Recondite quant à lui a offert un dj set sombre et hypnotique dont lui seul à le secret. Sa recherche musicale et l’oeuvre remarquable des VJ’s en adéquation parfaite avec son univers unique auront transformé sa prestation en un moment rare.
Un petit peu comme la closing de Boris Brejcha ou de Ben Klock, offrant aussi un moment singulier, mélange d’émotions opposées. L’énergie et le déchaînement de la fin, se mêlant aux premiers élans de nostalgies…

Mais la Red Bull Elektropedia Balzaal n’est que la face visible de l’Iceberg. La musique électronique s’étend sur plusieurs scènes à Dour. Les chapiteaux, un rien plus intimiste permettent également d’assister à des prestations de haut vol. La première étant le live de Nils Frahm. Evoluant entre le classique et la musique électronique, dans un éclairage de scène sobre et une atmosphère frôlant l’irréel, l’artiste berlinois aura livré une sublime prestation pour un public conquis.

A l’opposé de la douceur de ce live, les dj’s sets techno du chapiteau nommé « La Caverne » auront rythmé nos nuits. On en retiendra le B2B enflammé de Paula Temple et Rebekah ou encore les dj’s sets de AZF, Randomer et Umwelt. Des artistes rarement programmés en Belgique qui ont assuré un réel plaisir aux amateurs du genre.

Seule déception peut-être, du coté de la Last Arena, avec Paul Kalkbrenner qui a offert un live, certes digne d’une mainstage, mais clairement plus orienté mainstream avec entre-autre un remix de Stromae dont les amateurs de sonorités underground se seraient bien passés. Ceci dit, l’artiste dont la notoriété n’est plus à démontrer était tellement attendu que l’ambiance fut au rendez-vous dès la première minute de live.

DOUR « MADE IN BELGIUM »

Permis les 200 artistes de l’ahurissante programmation de Dour 2018, on compte également quelques artistes belges. Des artistes connus, d’autres moins mais un point commun entre tous, une qualité musicale indéniable.

Sous le chapiteau du « Labo », le public a eu droit le même soir au live de DC SALAS et du groupe Soldout.

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DC Salas a offert un live de haut niveau accompagné par son batteur et par la chanteuse du duo Joy Wellboy. A cela s’ajoute une très belle surprise, un featuring avec Charlotte Maison, chanteuse du groupe Soldout. Groupe qui d’ailleurs, jouait l’un de ses derniers concerts en festival, le duo ayant annoncé le clap de fin pour Soldout après 15 ans d’existence. Moment riche en émotion pour les fans, émotion très vite transformée en énergie positive et explosive pour un live qui restera gravé dans l’histoire du duo.

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Du côté de la Red Bull Elektropedia Balzaal, parmi les dizaines d’artistes internationaux, on retrouvait également un bon nombre d’artistes belges. Goldffinch, le duo de dj’s et producteurs bruxellois, ont ouvert le bal vendredi avec un warm-up à la hauteur de leurs productions, autrement dit, parfaitement maitrisé. Le lendemain, Goldfox a suivi le ton, avec un warm-up riche de ses diverses influences.

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Quant au dimanche, il fut synonyme de combo techno haut de gamme avec 3 artistes belges en pleine explosion, Amélie Lens, Farrago et Cellini. Il va s’en dire que leurs prestations furent accueillies chaleureusement par le public.

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Est-ce que c’est bientôt Dour ? [LINK]

NON. Dour 2019, ce n’est pas encore pour tout de suite. Mais on ne peut qu’être impatient. L’édition 2018 fut aussi synonyme de changements, un nouveau lieu, de nouvelles infrastructures et un bon nombre d’améliorations tant au niveau du site du festival que du camping. Certes, il aura fallu un temps d’adaptation pour les plus habitués mais Dour avait besoin de changements. Ne serait-ce que pour le confort et le bien être de ses festivaliers toujours plus nombreux d’année en année. Que nous réserve Dour pour l’édition 2019 ? Nous le découvrirons dans un peu moins d’un an…

Pic. by Cédric Dhooghe
English version here by Raphaël Rozenberg
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