Interview : 2000 and One

Comme promis dans notre review du 6ème évènement de « Moonday », nous allons vous en dire plus au sujet de 2000 and One. Artiste de renom mais pas très connu par chez nous, il fait partie des plus anciens artistes présents sur la scène techno. Après son set à la Moonday, nous avons eu la chance de l’interviewer.

Le DJ et producteur hollandais, Dylan Hermelijn, est un pionnier de la techno. Depuis la fin des années 80, il fait vibrer les soirées avec des beats rapides, hards et entraînants. Des soirées undergrounds aux clubs plus « fancy », il joue des sets qui pourraient difficilement vous laisser insensible. Au Vooruit, juste après Vaal, il a gardé le public en dégageant une énergie violente et captivante. Des sons vifs et puissants… Parfait pour préparer la fin de la soirée avec SHDW & Obscure Shape. Quand il est revenu aux backstages, après sa performance, nous nous sommes assis pour discuter un peu.



C’est ta première fois en Belgique?
Non, c’est la 5ème! J’ai déjà joué au Vooruit, mais aussi plusieurs fois à I Love Techno.

Qu’est-ce que tu penses de la scène électronique belge?
Ca fait 30 ans que je suis dans le milieu. Je pense que la Belgique a toujours été en avance sur nous. En Hollande, c’est plus commercial : ils veulent surtout plaire à leur public. Ici, en Belgique, les gens cherchent plus à explorer la musique. Ca fait partie de leur histoire, comme le label R&S. Ils sont plus dans la musique, alors qu’en Hollande ils sont plus orienté vers ce que les gens aiment.

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Ca fait longtemps que tu joues. Tu vois beaucoup de différences entre le public des années 90, quand tu commençais à jouer, et celui d’aujourd’hui?

Certainement! Dans les années 90, tout tournait surtout autour de la musique. Il n’y avait pas de réseaux sociaux, et la popularité n’était pas un élément important ou valorisant. Ce qui était important, c’était de passer un bon moment, de raver.

Aujourd’hui, on accorde un intérêt anormal au nombre de likes que tu as… On regarde combien de photos tu as sur Instagram, sur Facebook ou Twitter…
La musique techno est beaucoup plus commerciale aujourd’hui. Dans les années 90, personne ne voulait faire de la commerciale. On faisait juste ce qu’on aimait!

Comment réagis-tu face à cette évolution?

C’est assez difficile. Les sons que je fais sont plus undergrounds que les hits. Quand je joue dans un club, surtout en Amérique, on me demande souvent de passer tous les sons hyper connus ! Ils veulent tout le temps des hits.

Est-ce que tu penses que l’avancement technologique, qui a permis à un public plus large d’accéder à ce style de musique, est positif ?

Je pense que c’est un développement très positif. Avant, il fallait beaucoup d’argent pour faire du son. Maintenant, tout ce dont tu as besoin, c’est un laptop et un programme! Pleins de nouveaux producteurs amateurs qui n’ont pas énormément d’argent peuvent s’essayer à ce genre de musique.

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Est-ce que tu as toujours fait/ joué de la techno?
J’ai commencé au tout début: c’était le four to floor* techno et house music. Pour moi, il n’y a pas de différence. Les gens aiment catégoriser: “techno”, “deep house”, “tech house”, “electro”, … . Pour moi, tout ça, c’est la même chose. Ca fait partie du spectre de la techno.

Si on compare la musique des années 80, quand on jouait avec des guitares, des batteries… Tout ça, c’est la même chose. Et je n’ai aucun problème avec ça!


J’imagine qu’on t’a déjà posé cette question plusieurs fois, mais pourquoi “2000 and 1”?
Mon premier code bancaire, que j’ai eu dans les années 80, était 2 0 0 1. Voilà, c’est tout.

Tu es dans plusieurs labels, dont Drumcode. Est-ce que ça influence ton travail?
Quand j’ai commencé, il n’y avait pas autant de labels qu’il y en a aujourd’hui. Il n’y avait pratiquement que le label belge R&S, et il y avait une large variété de musique électronique.

Aujourd’hui, c’est différent. Mais ça ne change rien pour moi, je continue à travailler comme je le faisais avant.   

Projets futurs?
J’ai beaucoup de projets en route. Le plus important, c’est mon nouvel album. Il sortira en 2018. Je ne sais pas encore sur quel label… On verra!

 

Photos by Simon Leloup
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